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03/07/2013

Wabash, Pied-noir et Perdido

Le choix d’un nom est une affaire capitale. Choisir le prénom d’un enfant, c’est dire le projet qu’on a pour lui et sur lui, c’est également engager son avenir d’une façon heureuse ou dramatique en créant dès leur naissance des handicapés du patronyme ! Le choix du nom d’une attaque militaire ou d’une opération de renseignement en dit long sur la mentalité du stratège ou du barbouze et nous sur le jugement qu’il porte sur sa cible.


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Pour nos « alliés » étatsuniens, lecteurs de Tocqueville, Wabash  renvoie à un moment douloureux de notre histoire, l’un de ceux où, nous avons été évincés par ceux qu’il appelle les Anglo-Américains et où il nous a fallu disparaître, cesser d’exister physiquement pour ne pas périr.

Voici ce qu’il rapporte dans une note de la fin de la première Démocratie dans laquelle il compare le sort des émigrants français à celui des Indiens , bien plus terrible encore, puisqu’il dénonce le génocide des Indiens qui ira jusqu’à son terme, et ce, de propos délibéré :

 « Des Français avaient fondé, il y a près d'un siècle, , au milieu du désert, la ville de Vincennes sur le Wabash. Ils y vécurent dans une grande abondance jusqu'à l'arrivée des émigrants américains. Ceux-ci commencèrent aussitôt à ruiner les anciens habitants par la concurrence; ils leur achetèrent ensuite leurs terres à vil prix. Au moment où M. de Volney, auquel j'emprunte ce détail, traversa Vincennes, le nombre des Français était réduit à une centaine d'individus, dont la plupart se disposaient à passer à la Louisiane et au Canada ».

 "Some French had founded, nearly a century ago, in the middle of the wilderness, the city of Vincennes on the Wabash. They lived there in great abundance until the arrival of the American emigrants. The latter soon began to ruin the old inhabitants by competition; then they bought their lands from them for a small sum. At the moment when Volney, from whom I borrow this detail, came upon Vincennes, the number of French was reduced to a hundred individuals, most of whom were prepared to move to Louisiana or Canada". 

Le choix du nom de code « Wabash » met clairement en évidence le fait que  l’attitude des Etats-Unis vis-à-vis de la France est aujourd’hui tout aussi hostile que lorsque Condoleeza  Rice affirmait en 2002 :

"Il faut pardonner à la Russie, ignorer l'Allemagne, et punir la France."

Le choix du nom « opération Pied Noir » n’est pas plus valorisant, nos "alliés" seraient peut-être contrits si l’on baptisait opération « Mỹ Lai » une quête de renseignements sur le camp de Guantanamo ! Quant à celui d' « opération Perdido » pour l'Union Européenne, il prouve à l’évidence que nos alliés ont pris la juste mesure de leur allié dans la place, à la tête de la commission européenne !

 En 2008, j’ai salué l’élection d’Obama ; en 2012, on a pu trouver sa réélection utile et nécessaire, mais sa réponse à l’annonce de ce dernier scandale a été tout à fait inappropriée et inamicale ; on ne traite pas des « alliés » avec un tel mépris, une telle condescendance !

Mon Dieu, protégez-moi de mes amis, mes ennemis, je m’en charge.



24/06/2009

Un emprunt, ma chère, je ne vous dis que ça! My kingdom for ...

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Jérôme Bosch, L'escamotteur

Ce tableau représente à merveille la politique actuelle, notamment et principalement en matière de fiscalité et d'imposition. Ceux qui nous gouvernent - la bourgeoisie qui occupe tous les pouvoirs depuis le Directoire - pratiquent en matière fiscale le jeu de Bonneteau. Sous l'Ancien Régime la noblesse et le clergé échappaient à l'impôt...désormais la Nomenklatura qui nous gouverne fait de même! La nuit du 4 aôut n'a pas supprimé les privilèges, elle les a transférés!

Regardez bien, la situation sociale en France est exactement la même aujourd'hui qu'à la fin de la Monarchie de Juillet: une seule classe dispose de tous les pouvoirs politiques et financiers; mais aujourd'hui comme hier, comme avant la Révolution, il faut que les pauvres soient très très pauvres pour que les riches puissent être très riches; ça s'appelle "La Folie des Grandeurs"...

J'avais écrit précédemment dans ce blog, lors de la campagne présidentielle, que Sarkozy nous préparait, en cas d'élection, une pratique économique relevant du casino. Je faisais allusion à son annonce du plan mis en place lors de son entrée en fonction: dépenser de l'argent qu'on n'a pas pour faire croire qu'on est riche!
La gauche a crié qu'il vidait les caisses de l'Etat!
Non, elles étaient déjà vides avant...
Au second tour de la présidentielle de 75 Chirac interpelle Jospin: «  Et la dette! Vous y avez pensé à la dette? 500 milliards. Vous allez vider les caisses, tandis que moi, Morbleu, je vais limiter la dette »
Quand Chirac a quitté la présidence, douze ans plus tard, la dette de l'Etat était de 1100 milliards d'euros.


Enfin arriva Sarkozy! Il annonça la couleur: « il faut dépenser, faire un plan d'aide aux plus riches, baiser leurs impôts, faire croire qu'on a des sous, comme ça tout le monde le croira, on sera riches » (ils seront riches, les riches)


Effectivement on a dépensé, baissé les impôts des riches, on leur a redonné des centaines de milliers d'euros à ces pauvres émigrés fiscaux rentrant de Belgique le vendredi soir pour regagner leur appartement avenue Victor Hugo...


Et la fête au Fouquet's, ces invités, émigrés fiscaux, décorés de la légion d'honneur et qui donnent comme les Aznavour de tous poils des leçons de francité...
Et les autres dépenses; tout a explosé, il faut ce qu'il faut, pour les amis, les parents, les dépenses de l'Elysée, et bientôt l'avion présidentiel!
Bénéfice net, dès avant la crise, le dette de l'Etat a filé beaucoup plus vite que jamais: record battu.
dans le même temps on ne reviendra pas sur le paquet fiscal. Pour les riches, il faut des sous, pour les banques qui nous ont plumés – Saint Natixis, priez pour nous! - il faut des sous.


Un problème se pose donc au grand stratège: augmenter les impôts des classes moyennes, pas possible, des classes populaires...elles sont saignées à blanc.


Euréka: faisons un grand emprunt national.


L'emprunt national permet de faire rentrer un peu d'argent, qu'on paie très cher, mais on se paie sur la bête, c'est à dire sur les petits et moyens revenus, et on lâche un paquet maximum à cette bourgeoisie qui a pris le pouvoir sous le Directoire etle Consulat et ne l'a pas lâché depuis.


Rappelez-vous, l'emprunt Pinay, une carabistouille extraordinaire, il exonérait des droits de succession, les plus riches évidemment.
Le grand père n'allait pas bien, la famille riche d'un gros portefeuille agissait : « on mettait le grand-Père en Pinay avant de le mettre en bière ». L'inhumation passée, on faisait la route en sens inverse.
La bourgeoisie a toujours fait ce qu'il fallait pour échapper à l'impôt. Rappelez-vous la feuille d'impôts de Chaban: il n'avait rien fait d'illégal, il n'avait rien à payer grâce à « l'avoir fiscal »...tandis que vous, moi, Morbleu, si vous déclarez un don de 50 euros aux oeuvres, il vous faudra fournir des justificatifs.


Plus de 400 niches fiscales! Comment vous ne défiscalisez pas votre bateau de croisière aux Antilles?! Mais il faut en avoir un, ma vieille! Comment vous êtes caissière, travail limité contraint, 25 heures! Mais c'est de votre faute!


Rappelez-vous l'emprunt Giscard! Vous avez voté pour lui, Giscard, le talentueux, le petit génie, auquel on doit (avec quelques autres: Pompidou, Chirac, Juillet, Garaud) le départ de de Gaulle, ses anciens ministres qui lui ont savonné la planche.

Il faut dire qu'il voulait remplacer le Sénat, cette assemblée non démocratiquement élue, par un gigantesque Conseil économique et social où les syndicats auraient pu trouver place! Vous vous rendez compte. Et son ministre des finances, Ortoli, qui voulait augmenter les droits de succession...c'est pas avec Sarkozy qu'on verrait celà!


L'emprunt Giscard a coûté une fortune à l'Etat, c'est à dire aux contribuables. Tandis que ceux qui avaient pu souscrire, les actionnaires, les rentiers et surtout les « zinzins » 'investisseurs institutionnels' – banques, compagnies d'assurance, touchaient le pactole. Chaque unité qui avait été achetée 1350 francs rapporta, en intérêts, plus de 900 francs pendant des années. Cet emprunt a été ruineux pour les finances publiques : pour 7,5 milliards de francs emprunté pour 15 ans, l'état dut rembourser (en intérêts et capital) plus de 90 milliards de francs.
L'emprunt Balladur, lancé en 1993, lorsque Sarkozy était ministre du budget fut, lui aussi, ruineux pour le budget.

Mais la gauche direz-vous!
Pas d'emprunt de cette nature mais un coup splendide, le coup du Père François et miss Magguy: le tunel sous la Manche.


Je ne mettrai pas un penny dit Miss Maggy...eh bien le montage fut parfait: le côut des travaux explosa, les banques levaient vos économies pour « un placement de père de famille ». Elles se sont servies tout au long, avec le rééchelonnement de la dette. Les actions qui avaient eu la bonne idée de monter pendant quelques mois ont perdu 90, 95, 99% de leur valeur. mais pourtant le banquier, le même qui vous a vanté le Natixis, « nouveau placement de père de famille » continuait de fourguer des actions du tunnel: « le cours est très bas, c'est le moment"...

Telle est l'astuce de notre stratège: j'ai baissé les impôts des riches, je ne peux pas vraiment augmenter les impôts des autres (encore qu'avec les transferts de charges aux Régions ils vont morfler les petits gars!). Donc je fais un gros emprunt d'Etat, comme ça j'aurai des sous, je pourrai dépenser.
Ah mettre la circulation de Neuilly en sous-terrain, trois fois le prix du viaduc de Millau, mais enfin, la tranquillité ça n'a pas de prix!

Donc, comme ça, je dépense, je fais des fêtes, des défilés aériens. Le remboursement se fera après: « après moi le déluge », sur les impôts généraux de la Nation et mes zinzinvestisseurs pourront encaisser des dividendes. C'est-y pas beau le jeu de bonneteau !


Remarquez chers amis que nos vaillants analystes ne vous ont guère ennuyé avec de telles remarques sur les grandes chaînes télévisées.

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